Partager l'article ! En préparation : Le coq et la girafe (Extrait): .............Evidemment, tout le monde va devoir s’enregistrer au même en ...
.............Evidemment, tout le monde va devoir s’enregistrer au même endroit et au même moment : une immense cargaison de bestiaux, candidats au bonheur à
déverser sur une presqu’île de Tunisie.
J’ai le temps de prendre un rafraîchissement en attendant. J’avise la cafétéria miteuse : c’est toujours mieux que le
distributeur. Je choisis finalement un café, sans doute tiède que je pose sur un plateau poisseux. La caissière se gratte frénétiquement les cheveux entre deux articles : pas de beurre dans
les sandwiches, mais du gras sur l’emballage ! Je la verrais plutôt à surveiller les toilettes. Arrivé à la caisse, je constate l’état limite de ses ongles. Le sucre et la touillette en
plastique qu’elle me tend ne sont pas emballés ; heureusement, je ne prends pas de sucre. J’accepte tout de même la monnaie qu’elle me rend et la serviette déposée négligemment sur le coin
du plateau.
« Bon appétit monsieur, bonne journée »
Un petit espace est réservé aux consommateurs, bondé bien entendu. Une place se libère ! Une petite table sale pas très
ragoûtante, mais je reconnais à la table voisine, les deux copines croisées tout à l’heure. Pas l’heure de faire la fine bouche : j’occupe le terrain sous le nez d’une famille d’obèses en
état de siège : les plateaux croulants sous des victuailles régimentaires. Je m’installe, ignorant leur déconvenue. J’hume l’arôme du café presque froid et regarde par dessus le gobelet les deux
voisines occupées avec leur téléphones portables.
Rompues à ce genre d’exercice, elles réussissent même à échanger leurs appareils, à se parler entre elles sans que la fluidité ni l’enthousiasme ne faiblisse un instant. De mon poste, je n’en perds pas une miette, J’en mangerais ! Trop occupées à avaler le contenu de leur plateau entre deux éclats de rire, elles ne me prêtent aucune attention et je peux me régaler de chaque détail de ces beautés urbaines au déhanché ravageur ! Les strings fripons des deux donzelles semblent me sourire…
On appelle enfin pour l’enregistrement. Soldat perdu de cette armée en déroute, je cherche, trouve, puis rallie les comptoirs désignés. Comme à la roulante après le combat, c’est l’afflux massif, les chariots surchargés, de planches à voile, de raquettes de tennis, de bagages de prix........